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Enracinés et fondés dans l'amour (Eph 3,17)
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Vivre la vie religieuse dans un monde incertain

C’est dans un monde incertain de son présent et de son avenir que se vit aujourd’hui la vie religieuse. Elle se trouve ainsi marquée par ces incertitudes profondes qui la confrontent à la fragilité de toute réalité. L’efflorescence qu’elle a connue au 19 ième siècle ne l’avait pas préparée à une telle situation.

Voilà qui invite à reconnaître et à accueillir à nouveaux frais comment l’expérience croyante elle-même conjugue en christianisme force et faiblesse, et découvrir sous une lumière nouvelle ce que la vie religieuse est appelée à être et à vivre aujourd’hui pour une annonce de l’Evangile.

Quelques sœurs de la congrégation étaient présentes parmi les 313 participantes qui représentaient 149 congrégations .

La session a commencé par regarder le contexte avec le psychanalyste Jean Pierre Winter : le sort du monde repose sur 35 justes cachés qui s’ignorent comme tels... l’homme juste est caché, quelqu’un qui est juste, on ne le rencontre pas sans tremblement. Sur lui repose la possibilité d’un monde meilleur... tel Moïse qui, pourtant, a pu conduire le peuple de Dieu, avec ses failles, ses incomplétudes.

Sr Martine Tapsoba, supérieure générale de Sœurs de l’Assomption avec un regard lucide et une vérité de parole dite, explique la tension entre l’œuvre de Dieu qui ne meurt jamais et nous, qui mourrons un peu. Il n’y a pas de solution, mais une réponse à faire par chacun d’entre nous, tension qui doit nous pousser en avant.

Le mardi, le Père Robert Scholtus, parle de force désarmée, d’expérience chrétienne à l’épreuve du dénuement.

Des expériences partagées :

Sr Mariam libanaise et Sr Rima syrienne du Carmel de St Joseph dont la détermination est de : Demeurer, Servir, Partager. Nous avons beaucoup perdu, mais il nous reste des frères avec qui nous devons partager la vraie vie.

Sr Maria-Martha et Sr Marie Bénédicte de la Communauté des Béatitudes, témoignent du chemin de reconnaissance d’une fragilité, long chemin personnel et communautaire qui permet d’éprouver l’accompagnement de l’Eglise.

Sr Anne Chapell, supérieure générale de St Jacut les Pins : nous naissons vulnérables et nous mourrons vulnérables. S’exposer à la fragilité d’autrui : une aventure belle et risquée. Consentir à notre vulnérabilité. Nous sommes des êtres de relation, nous avons besoin de l’autre.

Le Père André Wénin, professeur d’exégèse à l’Université Catholique de Louvain, à travers diverses figures bibliques, nous expose la fragilité par exemple de Noémie et Ruth (Livre de Ruth), la lamentation d’un suppliant vers Dieu dans le Psaume 109…

Sr Christine du Carmel du Havre évoque la fragilité d’un Ordre face à la diminution de ses forces vives.

Enfin, Sr Sylvie Robert, avec le texte de la Sagesse 14,3 ‘’Tu as tracé un chemin sur la mer’’ nous invite à garder comme critères :
-  Maintenir la médiation face au rêve de l’immédiateté
-  Servir le bien commun
-  Etablir du lien entre les membres pour éviter la dispersion
-  Donner les moyens d’une présence dans l’Eglise et la société

…Nous ne sommes pas arrivés, mais nous marchons. Construire un avenir inconnu, mais commun et partagé. Ne pas nier nos limites. La mission est partout… être solidaire de tout être humain… C’est Dieu qui trace un chemin sur la mer avec nous.

Sr Eliane N. (IMC Saint Méen)